
Eyeballs
De par leur nature, le destin des régies penche de plus en plus vers la quantité et les mathématiques. Quantité de sites représentés, de portée totale et de volume d’impressions. Mathématiques parce que, forcément, les coûts sont affectés par le volume et par des placements de moins en moins concentrés sur un nombre restreint de sites ou de sections sélectionnés.
J’ai longtemps cru et je crois toujours que le modèle des régies publicitaires d’ici pourrait être différent de celui des régies publicitaires étatsuniennes. Chez nos voisins du Sud, les régies publicitaires intéressent les sites majeurs presqu’uniquement dans le cadre d’ententes non-exclusives où leur rôle se limite à commercialiser les invendus (lire : se disputer les invendus avec d’autres régies avec comme seul juge de la répartition de l’inventaire le « eCPM » obtenu). Le résultat est que les régies étatsuniennes sont avant tout utiles si vous désirez avoir accès à une très grande portée sur des sites non-identifiés ou sur des « second-tier sites », et que vous n’accordez pas beaucoup d’importance aux sites sur lesquels seront diffusées vos publicités.
Nous n’en sommes pas rendus là au Québec, puisque plusieurs marques médias fortes et ciblées sont toujours représentées en exclusivité par des régies. Et je crois qu’il y restera toujours de la place pour des services de représentation publicitaire « plus traditionnels ». L’aspect unique de notre petit marché, de par sa culture et sa langue française, a fait que les régies publicitaires québécoises pouvaient et peuvent toujours miser sur une approche moins mathématique et plus traditionnelle de la représentation publicitaire (travailler avec un moins grand nombre de sites, mais avec des sites ayant tous des marques média fortes et ciblées avec lesquelles les annonceurs veulent s’associer). Pour la régie, la clé est probablement de faire une distinction entre 2 offres distinctes, un peu comme le fait Olive, afin de pouvoir conserver les 2 chapeaux: représentation « traditionnelle » pour les sites premium et représentation « mathématique » pour les sites moins en demande. Pour les éditeurs de sites, la clé est d’évaluer ce que la régie peut vous rapporter en fonction de ses spécialités et en fonction du type de site que vous éditez.

Articles
Totalement d’accord avec cette vision particulière, applicable au Québec. Nul doute que sans une représentation « premium » pour certains sites, l’avenir même des éditeurs québécois serait menacé… parce qu’en représentation strictement « mathématique » je peine à imaginer combien de collègues réussiraient à se maintenir la tête hors de l’eau.
Inévitablement, une telle situation entraînerait un nivèlement par le bas où petits et moyens sites ne réussiraient pas à se maintenir à flots, laissant du coup tous les projecteurs braqués sur les Géants de la Toile. L’expression de notre spécificité sur Internet passe obligatoirement par le soutien aux éditeurs…
Il en va donc dans l’intérêt même des régies de garantir une représentation à la hauteur des attentes des éditeurs et ne pas appliquer cette formule mathématique à la va-vite… sans quoi celles-ci perdront en quelque sorte la source même de leurs revenus, car les Géants sont (et seront davantage dans le futur) sans nul doute capables de se représenter eux-mêmes.
Les régies doivent travailler AVEC les éditeurs, et non les considérer comme des machines à générer des pages vues jusqu’à plus soif.
Qui sait quel impact peut avoir une campagne vendue en spécifique sur un site de moindre envergure? Par expérience, ce 500$ de plus par mois peut faire toute la différence entre continuer à le faire croître à la sueur de son front, et lever le pied dans le développement pour se trouver d’autres sources de revenu.
| 20 août 2009 @ 14 h 41 min
Très pertinent comme article Sébastien.
Je suis d’accord avec toi sur le fait que pour notre petit marché, « l’endroit » où est diffusé leur publicité est encore très important pour les annonceurs d’où l’importance des régies de type « Premium ». Il est cependant évident que le volume d’impressions et le nombre de clics pouvant être offert sur un réseau « mathématique » amènent les annonceurs à opter pour cette option pour une partie de leur enveloppe budgétaire afin de « faire encore plus de chemin » avec leurs $$$.
Un bon mix entre le Olive Élite et Olive Performance est donc une formule gagnante pour un grand nombre de nos clients, dépendamment toujours de leurs objectifs.
| 20 août 2009 @ 15 h 26 min
Sébastien, je suis entièrement d’accord avec toi. Nous avons déjà eu la discussion et il est clair pour moi que les éditeurs québécois se doivent d’avoir un service personnalisé de représentation. Les grandes régies, bien qu’ils aient leur place, ne pourront jamais représenter un site québécois à sa juste valeur pour la simple et bonne raison que l’important pour eux, c’est le volume.
Ils sont davantage aux services des annonceurs et oublient les éditeurs en vendant de l’inventaire largement sous la valeur réelle.
http://mediakartell.com/2009/08/13/web-made-in-quebec/
| 20 août 2009 @ 15 h 55 min