Vidéo pré-contenu

Cliquez sur l'image pour l'agrandir

Depuis quelques années, le contenu vidéo est de plus en plus varié et de plus en plus consommé sur le web. On dénombre un grand nombre de « webtélé » diffusant en français telles que Canoe.tv, Sympatico MSN Vidéo, TonTuyau.com, Cyberpresse Audio et vidéos, Tagtele.com, TonClip.com, Bombe.tv et Tetesaclaques.tv. On est bien exposé sur ces sites à des publicités en vidéo pré-contenu, comme par exemple une bande-annonce d’un nouveau film à l’affiche (voir image), mais pas très souvent, et pas sur tous les sites.
Dans les faits, plusieurs vendeurs de publicité interactive québécois misaient sur une plus grande croissance des revenus publicitaires en vidéo pré-contenu (j’étais d’ailleurs de ceux-là!). En effet, les revenus publicitaires engendrés par la publicité vidéo sont somme toute relativement peu importants : selon le Bureau de la publicité interactive du Canada (BPIC, ou IAB Canada), quelque 12 millions de dollars ont été investis en 2008 en publicité vidéo dans l’ensemble du Canada, soit à peine 0,75% du total des 1,6 milliard de dollars investis. Pour le marché canadien francophone, et en tentant de l’estimer en se basant sur la proportion globale des investissements publicitaires en français au Canada en 2008 de 20%, on obtient environ 2,4 millions de $ investis en 2008 dans ce format publicitaire, en français. C’est moins que ce qu’on pouvait espérer il y a 1 ou 2 ans, surtout qu’alors, Tetesaclaques.tv fracassait des records en terme de nombre de visionnements.

À mon avis, voici les principaux facteurs ayant freiné la croissance des investissements publicitaires en publicité vidéo pré-contenu :

  • Les droits de talents (ex.: UDA, ACTRA) qui peuvent compliquer l’utilisation de publicités TV sur Internet ;
  • La nature même de ce genre de publicité, peut-être moins adapté au web. Le fait que les publicités vidéo pré-contenu soient imposées et empêchent d’accéder au contenu demandé immédiatement peut effectivement être perçu comme trop intrusif ;
  • Le cap de fréquence très peu élevé devant être appliqué à ce format publicitaire, faute de quoi il sera considéré comme trop intrusif, ce qui réduit grandement l’inventaire publicitaire réellement utilisé ;
  • Les coûts pratiqués dans le marché, à mon avis trop peu élevés si on considère le grand impact obtenu avec la publicité vidéo pré-contenu, et surtout en considérant qu’on combine le vidéo pré-contenu à une pièce publicitaire d’accompagnement (ex.: “Leave-behind Big Box”). La logique voudrait à mon avis que le CPM de la publicité vidéo pré-contenu & d’un Big Box d’accompagnement totalise environ le triple du CPM d’un Big Box, ce qui n’est pas — à ma connaissance — le CPM obtenu actuellement par les éditeurs.
  • Assisterons-nous à une croissance importante des revenus publicitaires en vidéo pré-contenu dans un avenir rapproché ? Peut-être que oui, mais pour le moment, la croissance est modérée.