Comme je le mentionnais dans ce billet, le succès de la publicité interactive est directement relié à la pertinence avec le contenu auquel elle est associée. C’est vrai autant en publicité textuelle dans les moteurs de recherche qu’en publicité graphique. Une des façons de s’assurer de la pertinence du message avec l’audience rejointe est le ciblage comportemental, selon lequel l’affichage de la publicité prend en compte les comportements de navigation de l’usager tels que les types de contenus visités, les mots cherchés dans les moteurs de recherche, les publicités cliquées, etc. Ce système, à la base, utilise les cookies stockés sur les ordinateurs des individus pour identifier leurs comportements. Ceci étant dit, l’individu tel quel n’est pas reconnu, ce qui laissait à penser que la vie privée était respectée. Jusqu’à maintenant, du moins.

Il y a présentement un débat aux États-Unis à ce sujet, débat impliquant la FTC (Federal Trade Commission) et le IAB (Interactive Advertising Bureau). En gros, la FTC a demandé récemment au IAB de mieux éduquer le grand public sur la collecte et l’utilisation de données sur les utilisateurs d’Internet, de façon à pouvoir mieux s’auto-réglementer dans son marché (voir cet article à ce sujet). Le IAB a répondu à la FTC en lançant la semaine dernière une campagne de publicité interactive visant notamment à démontrer que la collecte et l’utilisation de données sur les utilisateurs permettent à la pub d’être plus pertinente, sans reconnaître personnellement l’utilisateur.

Google, comme toujours précurseur en publicité interactive, permet déjà à tout le monde de voir comment son profil est défini dans son système et, surtout, de modifier ou même désactiver carrément le ciblage comportemental. Ce lundi 7 décembre, c’était au tour de Yahoo! d’annoncer qu’il permet dorénavant aux individus non seulement de voir comment ils sont “profilés” par son système comportemental (avec un système de pointage utilisant pour chaque critère les valeurs “Bas, Moyen ou Élevé”), mais aussi de modifier ou même de ne pas prendre en compte leur profil dans le but d’afficher de la publicité comportementale.

Je ne sais pas pour vous, mais ce débat m’intéresse au plus haut point. À mon avis, il est dans l’intérêt de tout le monde (autant annonceurs, éditeurs de sites, régies publicitaires qu’internautes) d’utiliser des moyens comme le ciblage comportemental pour que la publicité et le contenu soient davantage pertinents. Peut-être que la solution est effectivement de permettre à tout le monde de modifier ou désactiver l’affichage de publicité selon les comportements, puisque de toute façon personne ne voudra s’en priver si le tout rend l’expérience de navigation plus intéressante !